Florence Haxel : l’innovation dans les start-ups

Entreprendre : Bonjour Florence Haxel, vous êtes Manager de Transition spécialisée dans la transformation digitale des entreprises. Pour la mettre en œuvre, vous inspirez-vous de l’exemple des start-ups ?

Florence HAXEL : Effectivement, la démarche classique de management des entreprises cède aujourd’hui le pas au bouleversement créé par le modèle start-up. Et ce, pour deux raisons :

La « scalabilité » des jeunes pousses

L’innovation diffusée en un temps extrêmement rapide par les nouveaux outils digitaux

Changement profond de comportement, la start-up ne procède pas par des études approfondies mais pratique le principe redoutable du « test and learn ».

 

Entreprendre : Confirmez-vous alors les écrits récents du journal Le Monde : « start-up et innovation sont indissociables » ?

Florence HAXEL : Parfaitement ! La plupart des start-ups se vivent comme un laboratoire au quotidien progressant par l’expérimentation permanente de leurs innovations. Au-delà même de la relation étroite entre start-ups et innovation, l’on peut, très clairement, affirmer qu’elles la vivent comme l’expression même de leur identité.

 

Entreprendre : Comment la pratiquent-elles dans les faits ?

Florence HAXEL : Selon trois étapes :

Idéation à Expérimentation à Réalisation

Portées par une communication digitale, elles bénéficient, en outre, d’outils de mesure particulièrement signifiants : les « metrics » souvent numériques – données qui leur permettent de disposer, en permanence, de variables d’ajustement.

 

Entreprendre : Peut-on dire alors que les start-ups développent de véritables stratégies d’innovation ?

Florence HAXEL : Je parlerai plutôt de culture de l’innovation, car cette valeur s’applique en fait à tous les collaborateurs, et pas seulement au responsable R&D ou aux dirigeants marketing. Elle instille tous les rouages de l’entreprise et participe à créer même un écosystème en son sein, comme auprès des clients et autres partenaires.

 

Entreprendre : Pensez-vous que ce modèle d’innovation des start-ups s’applique aux Grands Groupes ?

Florence HAXEL : Oui en effet. Les Grands Groupes ont compris l’importance de l’agilité de ce modèle et l’adopte aujourd’hui en créant même des programmes internes d’entrepreneuriat ou des espaces d’incubateurs.

 

Entreprendre : À l’instar d’Héraclite qui disait : « rien n’est permanent sauf le changement », pensez-vous que ce mouvement perpétuel initié par les start-ups constitue une source d’anxiété ou au contraire, des opportunités enthousiasmantes ?

Florence HAXEL : Cette accélération de l’innovation donne toute sa place à la créativité et légitime, par ailleurs, le rôle du Manager de Transition. Il accompagne les entreprises dans leur transformation digitale selon le process suivant : immersion, idéation, structuration. Une démarche qui associe l’humain aux révolutions technologiques.

 

Entreprendre : Vu l’effervescence et l’expansion des start-ups, pourrait-on dire que la France peut se prévaloir d’être devenue aujourd’hui une « Start-up Nation » favorisant l’innovation ?

Florence HAXEL : Il n’y a jamais eu autant de concours et d’aides de la part de l’État – en particulier la BPI – pour favoriser l’innovation chez les start-ups. Sans oublier tous les programmes de formation à l’entrepreneuriat, érigés en ardente obligation par toutes les écoles technologiques, commerciales ou autres.

Le XXIème siècle bénéficiera assurément de cet art de vivre.