Le transport aérien en sortie de crise : quelles stratégies pour les compagnies aériennes françaises ?

Transport AérienLe premier Club Transport et Tourisme d’X-PM organisé par Antoine Huet, Directeur associé, s’est tenu le lundi 22 juin 2020. Marc RochetPrésident Directeur Général d’Air Caraïbes et de French Bee, dirigeant expérimenté du transport aérien, invité de ce Club, est intervenu sur le thème :

« Le transport aérien en sortie de crise : quelles stratégies pour les compagnies aériennes françaises ? »

Marc Rochet nous a partagé de manière très libre et directe, comme à son habitude, son expérience de la crise actuelle et ses répercussions pour l’avenir du transport aérien français.

La crise du Covid-19 a touché violemment le transport aérien et l’on peut distinguer selon lui plusieurs phases :

L’entrée dans la crise : très rapide, foudroyante et doublée par une gestion « un peu désordonnée » par les autorités. Pour exemple le manque de clarté sur la définition de la notion de « missions essentielles ». Question : l’aérien faisait-il partie ou non de ces missions essentielles ? Tout cela n’a pas facilité la prise de décision au sein des compagnies. Le point culminant a été la fermeture de l’aéroport d’Orly le 30 mars 2020 au soir.

– La seconde période est celle du sommeil forcé de fin mars à mi-mai. En effet, de nombreuses compagnies aériennes comme Air Caraïbes et French Bee ont décidé de ne pas maintenir d’activité. Cette période est caractérisée par le « fight for cash ». Il fallait limiter au maximum les sorties de cash avec l’énorme problème des remboursements de billets d’avion. Quant au traitement social de cette catastrophe, il s’est fait grâce au chômage partiel, excepté pour la rémunération des navigants qui reste un domaine complexe avec l’implication de multiples autorités.

 Le redémarrage constitue la troisième et dernière phase. Économiquement, la plus dangereuse ! Contrairement à la phase de sommeil qui est limitée et clôturée, le redémarrage est incertain en ampleur et en durée. Il est donc très important de ne pas être dans le déni. Le monde d’après ne sera pas comme le monde d’avant. Il faut développer la notion d’effort et de flexibilité, en maintenant une communication régulière avec le personnel. La certitude est que dès que l’on retrouvera le niveau de trafic aérien précédent la crise, il y aura des opportunités.

Pour que les Compagnies aériennes françaises puissent tirer profit de ces opportunités, trois conditions sont nécessaires :

 Baisser les coûts ; le niveau de revenus ne reviendra pas comme avant. La première réduction des coûts consiste à faire des efforts en interne, ce qui est possible grâce au processus d’Accords de Performance Collective (APC). La deuxième réduction des coûts s’exerce sur l’externe en révisant les contrats et les périmètres de sous-traitance.

– Travailler la flexibilité par la remise en cause des modes de fonctionnement. Dans le transport aérien, il y a une tendance naturelle à la complexité et il y a trop de niveau hiérarchique. Il faut se réorganiser.

Trouver des opportunités et adapter son offre. Il faut aller chercher les clients en proposant de nouvelles offres commerciales. Il faut utiliser les moyens de communication modernes. Il y a un changement du mode d’interface avec le client. Il faut tenir compte de la perte de repères du client sur la valeur du voyage.

En conclusion, il y a un bel avenir pour le transport aérien. Ceux qui auront réduit leurs coûts et gagné en flexibilité s’en sortiront, à l’instar des compagnies Low-cost.

Un échange riche et très libre a prolongé cette remarquable intervention grâce aux nombreuses questions des participants, managers et professionnels du secteur Tourisme et Transport.

Rendez-vous est pris pour une nouvelle réunion du Club Transport & Tourisme à l’automne.


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